- Pourquoi le changement déstabilise autant ?
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- Pourquoi investir dans l’humain améliore les résultats ?
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- Un désaccord n'est pas forcément un conflit. Et si nous avions appris à les distinguer ?
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Pourquoi le changement déstabilise autant ?
Et si le problème n’était pas la changement en lui-même, mais la manière dont on essaie d’y résister ?
On aimerait croire que le changement est simplement une question de volonté, et quelque part c’est le cas. Mais pour autant, même lorsqu’il est choisi, ce qui nous déstabilise n’est pas le changement lui‑même, mais ce qu’il vient toucher à l’intérieur.
Nos habitudes, nos certitudes, notre façon de comprendre le monde.
Changer de travail, déménager, devenir parent, mettre fin à une relation ou simplement décider de fonctionner autrement… Tout ça demande à notre cerveau de sortir d’un fonctionnement qu’il connaît déjà.
Et ça, il n’aime pas vraiment.
Le cerveau recherche naturellement la stabilité et il aime savoir à quoi s’attendre. Quand quelque chose bouge, il doit réévaluer, recalculer, réorganiser et ça lui demande de l’énergie.
Les neurosciences montrent que l’inconnu active les zones liées à la vigilance. Ce n’est pas forcément parce que la situation est dangereuse, mais parce qu’il y a une absence d’informations auxquelles le cerveau peut se raccrocher.
Il préfère parfois une situation inconfortable mais connue, plutôt qu’une situation nouvelle mais incertaine.
C’est paradoxal, mais c’est comme ça qu’on fonctionne. Même quand un changement est positif, il implique une forme de renoncement. Une ancienne version de nous, une manière de fonctionner, une sensation de sécurité intérieure. Plonger dans l’inconnu ça demande du courage.
Brené Brown parle souvent de la vulnérabilité comme d’un espace où on avance sans garantie.
Une transition nous met exactement dans cette zone grise où l’on ne sait pas encore ce qui va venir, mais où l’ancien ne tient plus vraiment non plus.
Le fait de “tenir bon” ou “se forcer à avancer” n’est pas l’approche qui fait le plus ses preuves.
En revanche, rien que le fait de recréer des repères simples comme un rythme, une routine, une respiration calme, une manière de se parler à soi-même qui apaise plutôt qu’elle ne juge, ça peut déjà faire une réelle différence.
Les transitions ne sont pas faites pour être traversées en force mais pour être traversées avec présence et observation, un pas après l’autre tout en acceptant que l’inconfort fait partie du chemin, mais qu’il n’est jamais le point final.
Si le changement nous déstabilise autant, c’est parce qu’il nous rend vulnérable et nous expose à l’incertitude, au risque émotionnel et au regard des autres.
Pourtant, il constitue la base de toute expérience humaine, c’est dans cet espace que naissent les apprentissages, les choix plus alignés et les plus belles transformations.
Lorsqu’on prend conscience de tout ça, notre manière d’appréhender l’inconnu devient plus claire.
Pourquoi investir dans l'humain améliore les résultats ?
Pendant longtemps et encore aujourd’hui, on oppose les attentes de rentabilité et d’efficacité au bien-être et aux relations humaines.
Souvent quand les résultats doivent être améliorés, les collaborateurs et les investissements qui leur sont consacrés deviennent les premières variables d’ajustement parce que ça semble être la réponse logique à court terme. On réduit les effectifs, on limite les formations, on diminue les ressources et on demande toujours plus avec moins de moyens.
Mais qu’en est-il du coût humain et des conséquences sur la performance à plus long terme ?
Quand les résultats deviennent difficiles, on cherche souvent à réduire ce qui coûte à l’instant T alors qu’on devrait justement investir davantage dans ce qui permet aux résultats d’exister.
Prendre soin de ses équipes, ça va au-delà d’octroyer certains avantages ou organiser quelques moments de convivialité.
C’est les impliquer dans les décisions qui les concernent, prendre en considération leur équilibre avec leur vie privée, reconnaître leur travail, être là quand ça ne va pas.
C’est les accompagner, leur faire confiance, leur donner tous les jours les moyens de progresser et être capable de mettre les mains dans la boue avec eux, parce qu’un manager qui demande à son équipe de faire quelque chose qu’il ne ferait pas lui-même aura beaucoup plus de difficultés à créer de l’engagement.
En définitive, c’est leur montrer qu’ils sont bien plus qu’un simple KPI.
Évidemment que les résultats comptent, c’est grâce à eux qu’une entreprise tourne, mais derrière chaque résultat, il y a des personnes qui ont besoin de comprendre pourquoi elles font ce qu’elles font, qui veulent sentir que leur travail compte et qu’elles peuvent compter sur leur manager. C’est ce qui leur permet de s’investir pleinement et de donner le meilleur d’elles-mêmes.
Alors oui, on peut être exigeant, et c’est même primordial.
Mais on peut être exigeant tout en étant profondément humain, en créant une atmosphère de travail saine, engageante et dans laquelle chacun peut trouver sa place. On peut chercher la performance sans sacrifier ou mettre au second plan les personnes qui permettent de l’atteindre.
Tout donner à son équipe pour qu’elle vous le rende au centuple.
Ce n’est peut-être pas la stratégie la plus rapide, parce qu’elle demande de construire une relation et de l’entretenir à chaque moment, mais quand la confiance, l’engagement et la performance se construisent ensemble, les résultats finissent par parler d’eux-mêmes.
Un désaccord n’est pas forcément un conflit.
Et si nous avions appris à mieux les distinguer ?
On a parfois tendance à éviter les désaccords comme s’ils étaient forcément synonymes de tensions ou de conflits. Pourtant, ne pas être d’accord n’est pas nécessairement un problème, bien au contraire.
Un désaccord peut être utile. Un conflit, lui, est souvent le résultat de la manière dont on gère le désaccord.
"On ne subit pas le ton de l'autre, on choisit l'écho qu'on lui donne."
Une opposition de points de vue peut permettre de remettre une idée en question, apporter un autre regard et faire émerger une solution à laquelle personne n’avait pensé.
Personne n’a de boule de cristal, ni la science infuse. Il existe autant de manières de voir le monde que de personnes sur cette terre. Et ce qui nous paraît évident ne l’est pas forcément pour quelqu’un d’autre.
Pouvoir défendre une idée sans qu’elle ne soit immédiatement interprétée comme une remise en cause de l’autre est essentiel, que ce soit sur son lieu de travail ou dans sa vie privée.
Tout comme pouvoir entendre « je ne suis pas d’accord avec toi » sans le prendre personnellement.
Tout est question de juste mesure et d’équilibre, et ça dépend de 3 facteurs indispensables :
Le bon moment.
La bonne manière.
Le bon endroit.
→ Une décision peut être questionnée sans que l’autorité de celui qui l’a prise soit remise en cause.
→ Une critique peut être formulée sans devenir une attaque personnelle.
→ Un échange entre deux personnes n’a pas besoin d’avoir un public pour être entendu.
Il y a le fond et il y a les formes.
Dire ce qui ne fonctionne pas, expliquer pourquoi, écouter le point de vue de l’autre et être capable de remettre sa propre position en question, c’est aussi faire preuve d’intelligence relationnelle.
Parce qu’un échange bien géré fait avancer, alors qu’un conflit mal géré est contre-productif.
Souvenons-nous qu’on n’a pas toujours besoin de penser pareil pour réussir à avancer ensemble.
